J’ai crée mon trouble neurologique

Quand mon cerveau a refusé de s’arrêter

Avant de commencer, je précise que je parlerai dans ce blog de MBTI, de mon cheminement personnel, et d’autres sujets liés à la vie, la psychologie et la transformation dans différents articles. Mais aujourd’hui, je commencerai par ça.

Le jour où tout a basculé

Il y a un an, ma vie a basculé lorsque j’ai développé un trouble neurologique rare : le Visual Snow Syndrome.

Des milliers de points noirs et lumineux apparaissent dans mon champ de vision, comme une neige statique toujours présente, impossible à ignorer. À cela s’ajoutent migraines avec aura, flashs lumineux, hypersensibilité à la lumière, fatigue et douleurs chroniques.

Quand c’est arrivé, j’ai pleuré. J’ai pleuré, pleuré, et encore pleuré.

Mais pour comprendre comment j’en suis arrivée là, il faut remonter un peu plus loin.

Un cerveau qui n’a jamais su se reposer

En octobre 2023, j’ai perdu ma mère d’un cancer du poumon.

La voir disparaître a été l’une des expériences les plus traumatisantes de ma vie. Son corps se transformait, ses cheveux tombaient, son visage se défigurait, et je l’entendais crier de douleur. Le sentiment d’impuissance face à la souffrance de quelqu’un qu’on aime laisse une empreinte profonde.

Mon système nerveux était déjà saturé depuis longtemps.

J’ai grandi dans un environnement familial difficile avec des coups, insultes, climat permanent d’instabilité. À l’école, c’était le harcèlement du collège jusqu’au lycée.

En tant que femme ENTP, j’étais traquée. J’avais une intelligence rationnelle et une énergie qu’on attribue principalement aux garçons. Les filles ne m’appréciaient pas car j’étais trop franche. Les garçons non plus, parce que je prenais trop de place, j’étais trop exubérante et mon énergie semblait “non féminine” ; j’aimais le débat, j’avais un humour noir, j’étais très logique. Les femmes ENTP dans la société ont beaucoup de mal à être acceptées.

Pour survivre, j’ai fini par accepter de jouer un rôle soit celui d’une fille calme et timide. Mais en privé, avec mes proches, je pouvais être moi c’est à dire une boule d’énergie créative drôle et très intelligente. C’était la seule façon de naviguer entre la pression sociale et mon vrai moi.

Mon cerveau, ce moteur inarrêtable

J’ai souvent comparé mon cerveau à un ordinateur qui ne s’éteint jamais.

Je sur analysais tout. Les regards, les mots, les réactions des gens. J’anticipais les comportements, je décodais les émotions. J’observais pour comprendre les personnalités et prédire le comportement des gens, parce que mon esprit fonctionne beaucoup avec l’intuition extravertie (Ne) (je parlerais du MBTI dans un autre article). Je peux capter des indices, relier des informations, imaginer plusieurs scénarios possibles en quelques secondes.

À cela s’ajoute ma sensation introvertie (Si) qui enregistre chaque expérience passée, notamment les négatives, et nourrit ma mémoire interne pour anticiper les comportements. Lorsque le stress s’installe, je peux entrer dans une boucle Si + NI, projetant des scénarios futurs souvent catastrophiques à partir du passé comme un tunnel avec une unique fin fataliste possible.

En résumé, je capte, je connecte, j’anticipe. Mais vivre ainsi a un prix.

Le paradoxe de l’hyper analyse

Quand une situation devenait tendue, deux réactions étaient possibles :

Je m’emportais violemment, parce que mon système nerveux interprétait la situation comme une menace. Je m’écrasais complètement, pour que l’autre ressente des émotions positives et que la situation reste sous contrôle.

Dans les deux cas, je portais un poids énorme. La responsabilité des émotions des autres.Je devais apaiser, comprendre, anticiper.

Et quelque part, je ne me sentais pas légitime d’être simplement moi-même.

Une rencontre qui a changé mon environnement

Fin 2023, je rencontre mon compagnon.

Je reviendrai sur cette rencontre dans un autre article, car elle mérite à elle seule toute une histoire.

Très rapidement, je pars vivre avec lui au milieu de la France. J’avais un besoin urgent de m’éloigner de mon environnement familial.

Pour la première fois de ma vie, je découvre quelque chose d’étrange : le calme.

J’apprends à vivre dans une maison où il n’y a pas de cris. Pas de violence. Pas de peur permanente.

Mais après 25 ans dans un état de stress constant, le corps ne se détend pas du jour au lendemain.

Quand le corps commence à parler

Début 2024, mon corps commence à envoyer des signaux. J’ai des diarrhées matinales, remontées acides, vertiges, vision floue. Je pleurais constamment. J’étais profondément malheureuse. Mes journées se résumaient à manger, regarder des séries et pleurer la mort de ma mère. Je n’étais pas capable de travailler.

Mon compagnon m’a appris à vivre. Il m’a donnait un cadre, une direction, de l’amour sans conditions, et surtout du respect. Mais je savais qu’une transformation profonde devait avoir lieu. 25 ans de stress ne disparaissent pas en un an.

L’apparition de l’hypocondrie

En 2025, j’essaie de reprendre ma vie en main. Je décroche un poste de commerciale itinérante et un master.

C’est aussi à cette période que mon hypocondrie apparaît. Après avoir accompagné ma mère dans sa maladie, la peur de vivre la même chose s’installe dans mon esprit. Mon cerveau surveille mon corps en permanence. Chaque douleur devient suspecte. Chaque sensation est analysée. Je consulte les médecins trois à quatre fois par semaine, persuadée d’avoir un cancer presque tous les mois.

Et plus je stressais et plus mon corps produisait des symptômes physiques. Plus les symptômes apparaissaient, plus je pensais être gravement malade. J’étais entrée dans une boucle mentale, projetant constamment un futur catastrophique.

Le jour où ma vision a changé, La Neige Visuelle

Puis un matin, je me réveille. Je regarde le mur. Des milliards de points apparaissent dans mon champ de vision. Mal de tête violent.

Après de nombreux examens, un neurologue finit par mettre un nom sur ce que je vis : Visual Snow Syndrome.

Un trouble neurologique encore très mal compris aujourd’hui. Mon cerveau est devenu hyperexcitable. Il ne filtre plus certaines informations qu’il filtrait auparavant. En d’autres termes, il ne sait plus se calmer.

Pendant des années, mon cerveau n’avait jamais quitté le mode survie. J’étais en hypervigilance, sur analyse, anticipation constante. Mon système nerveux n’avait jamais appris à se réguler.

Et à un moment donné, quelque chose finit forcément par se dérégler.

Alors je me suis posé la question : et si j’avais une part de responsabilité dans ce qui m’arrive ?

Pas de culpabilité. La culpabilité enferme. La responsabilité ouvre une porte vers le pouvoir.

Si je continue à considérer que tout ce qui m’arrive est uniquement la faute de la vie, du hasard, du destin ou des autres alors je suis condamnée à rester une victime éternelle. Une victime de mon passé, de mes expériences, de mes émotions coincée dans le même cycle encore et encore.

Mais si j’accepte que mes schémas mentaux, mes émotions accumulées et un système nerveux constamment en état d’alerte ont contribué à ce dérèglement alors je possède aussi une part de pouvoir immense pour transformer ma vie.

Rester accroché à l’histoire de la victime, c’est séduisant. C’est confortable. Mais c’est un piège. Je choisis le pouvoir. Je choisis de réécrire les règles de mon cerveau, de mon corps et de mon système nerveux.

Une ouverture inattendue

Un jour, en scrollant Instagram, je tombe sur une vidéo de Joe Dispenza.

Mon compagnon, très spirituel, avait déjà essayé de m’initier à ce type d’approche. J’étais sceptique. Tout ce qui sortait du cadre rationnel me faisait peur. Mais quelque chose m’a intriguée. J’ai commencé à méditer, observer mes pensées, analyser mes schémas émotionnels.

Et j’ai compris une chose essentielle. Notre ego adore s’identifier au passé. Il adore raconter l’histoire de la victime. Mais ce récit enferme. Il ne laisse aucune place au changement.

Grandir dans une famille dysfonctionnelle, perdre sa mère d’un cancer, développer un trouble neurologique rare, l’héroïne qui traverse l’enfer et endure, c’est le récit que la société aime entendre. Mais à rester coincée dans cette identité de victime, on n’a aucune possibilité de reprendre le contrôle sur notre vie.

Aujourd’hui : reprendre le contrôle

Je continue mon chemin. Je travaille à réguler mon système nerveux, déconstruire mes schémas mentaux et apprivoiser ce cerveau qui n’arrête jamais. Chaque jour est un apprentissage, un test, une petite victoire.

Même si je ne sais pas exactement où cela me mènera, une chose est certaine : je ne suis plus une victime. Je reprends le contrôle, je réécris mon histoire et transforme chaque point lumineux de mon Visual Snow en éclat de puissance et de conscience.

2 réponses à « J’ai crée mon trouble neurologique »

  1. Avatar de Mohamad Musklaw
    Mohamad Musklaw

    Nous t’aimons, Sama. Tu es forte et inspirante. Nous sommes avec toi jusqu’à ce que tu deviennes encore et encore plus forte. Tout notre amour et notre estime à ton compagnon.

    Je prie Allah pour vous accorder bonheur, sérénité, force et bénédiction 🩵

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    1. Merci infiniment Moha, tes mots sont incroyablement important pour moi. Ils me remplissent de joie, puisse l’univers t’apporter l’amour, la paix et l’abondance à toi et ta femme. L’amour et le respect sont réciproque. ♥

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bIENVENUE DANS MON JOURNAL

J’ai 27 ans, je m’appelle Samantha et je suis en pleine construction interne. Je partage ici mes idées et mes explorations, même quand elles ne sont pas encore totalement abouties. Je remets beaucoup de choses en question, souvent moi même en premier, parce que j’ai besoin de comprendre et d’aller plus loin.