Et si on parlait de tromperie ?
C’est un sujet tabou. Un sujet qui choque, qui dérange, et qui déclenche des jugements des condamnations.
J’aime bousculer. Mettre mal à l’aise les esprits.
C’est d’ailleurs mon rôle : pousser les gens à sortir de leur zone de confort mentale, à aller voir au-delà de ce qu’ils connaissent.
Se confronter, c’est avancer.
Aujourd’hui, on parle de plus en plus de sujets autrefois tabous : la sexualité, le divorce, le fait de ne pas vouloir d’enfants.
Ces prises de parole aident énormément. Elles permettent aux gens de se sentir validés et compris, et parfois même d’oser devenir ce qu’ils sont vraiment sans se plier au regard de la société.
Mais malgré cette ouverture, certains sujets restent encore dans l’ombre : la tromperie, le porno, le questionnement existentiel…
Et je suis convaincue que ce sont justement ceux là qui pourraient aider le plus de personnes à accepter leurs contradictions et à évoluer.
Le jugement : utile… mais limité
Le tribunal public a toujours existé, et il a une utilité.
Il permet de créer une forme de cadre, une colonne vertébrale morale, pour vivre ensemble et maintenir une certaine cohérence dans une société.
Mais aujourd’hui, notamment en Europe et avec l’effacement progressif de la religion, cette colonne vertébrale disparaît peu à peu.
Et ça crée quelque chose d’assez paradoxal : les gens n’arrivent plus vraiment à se structurer seuls, à construire un cadre stable, et ça génère beaucoup de mal être.
Quand une personne commet une faute jugée inacceptable, on la rejette, on la rabaisse, on l’insulte.
Et même lorsqu’elle s’excuse, ça ne suffit jamais vraiment.
Comme si elle devenait cette faute pour toujours.
Pourtant, dans la majorité des religions, on parle de pardon.
On parle d’essayer, de tomber, de recommencer.
On vient sur terre pour apprendre.
Donc exiger de l’humain qu’il soit parfait n’a aucun sens.
Le vrai problème
Avoir un cadre moral trop rigide devient destructeur.
Pour les autres, mais surtout pour soi.
Parce qu’en réalité, il est impossible de le respecter parfaitement.
On peut essayer de se convaincre qu’on est irréprochable…
Mais ton mental sait. Ton corps sait.
Et tout ce que tu refuses de voir finit par s’exprimer autrement : tensions, maladies graves, mal être, désalignement profond.
On a tous déjà fauté.
À différents niveaux.
On a tous déjà critiqué quelqu’un puis fait comme si de rien n’était.
On a tous déjà blessé quelqu’un.
Est-ce que ça fait de nous de mauvaises personnes ?
Je ne pense pas.
L’erreur est humaine.
Elle nous définit pas toute une vie.
Le jugement devient facile quand tu refuses de regarder tes propres zones d’ombre.
Et parfois, tu condamnes quelqu’un avec une violence énorme simplement parce que tu sais que toi aussi, tu pourrais être à sa place.
Et ça c’est insupportable pour l’ego.
Donc tu préfères juger.
Mais plus le jugement est violent, plus les gens se ferment.
Ils n’évoluent pas.
Ils cachent.
Ils fuient.
Et au final, ça empêche exactement ce qu’on prétend vouloir : le changement.
Mon erreur
Aussi, je vais te parler de moi.
D’une faute que j’ai commise.
Comprendre n’excuse pas.
Mais comprendre permet de faire mieux ensuite.
Comment on en arrive à tromper
Je n’ai pas grandi avec un cadre moral très clair.
Il y avait des interdits, notamment autour de la sexualité, mais très peu d’explications.
Très peu de discussions sur les relations, le couple, la manière d’être avec l’autre.
J’ai construit ma vision en observant.
En prenant un peu partout.
Sans forcément comprendre ce qui faisait sens pour moi.
Si on m’avait demandé mon avis sur la tromperie à l’époque, j’aurais répondu de manière assez classique :
“C’est mal.”
“C’est une mauvaise personne.”
Une réponse automatique en me basant sur l’opinion publique générale.
Sans réelle réflexion.
La rencontre avec mon ex-conjoint
En février 2023, je rencontre Mattéo sur Tinder.
À ce moment là, je suis dans une période très difficile :
ma mère est malade depuis des années, mon environnement familial est compliqué, je viens de perdre une amie proche.
Je suis fragilisée.
Et je cherche un point d’appui.
Le courant passe rapidement.
Il est intelligent, intéressant, et surtout je peux être moi même avec lui.
Très vite, on se met en couple.
L’intuition féminine
On parle souvent d’intuition féminine.
Je vais te dire à quoi ça correspond pour moi.
On parle beaucoup de “red flags”.
Des détails qui, parfois, paraissent absurdes de l’extérieur : une manière de parler, de manger, un comportement.
Mais en réalité, ce n’est pas toujours irrationnel.
Lors de nos premières sorties, quelque chose en lui me dérange profondément.
Pas de manière logique. Presque viscérale.
Tout m’agace chez lui.
Sa manière de bouger, de parler, même certains détails physiques.
Et je deviens dure.
Critique. Parfois même blessante.
Je n’arrive pas à coucher avec lui, mon vagin se contracte et le rejette profondément.
Avec du recul, je comprends que ce n’était pas lui le problème.
C’était le fait que je refusais d’écouter quelque chose d’essentiel :
je ne l’aimais pas.
Une relation désalignée
De son côté, il n’était pas vraiment présent non plus.
Il pouvait être blessant, distant, pas réellement impliqué.
La réalité, c’est qu’on ne se correspondait pas.
Mais malgré ça, je reste.
Par peur.
Par attachement.
Par confort.
Et surtout parce que je n’arrive pas à affronter la vérité.
Je me raconte des histoires :
que je suis trop exigeante, que je ne trouverai pas mieux.
Alors je reste dans quelque chose qui ne me correspond pas.
Et je me déconnecte de moi-même.
La double vie
Je décide de m’inscrire sur un site de rencontre : UR MY TYPE.
Je rencontre Thomas.
Très vite, il descend le week-end pour me voir.
On se voit plusieurs fois et je finis par me mettre en couple avec lui tout en étant toujours officiellement en couple avec Mattéo.
À ce moment là, Thomas ne savait pas que j’étais en couple avec Mattéo.
J’étais en train de vivre une double vie de manière consciente.
Décision de rupture et installation avec Thomas
Puis peu de temps après le décès de ma mère, je pars en Allemagne et je décide de rompre avec Mattéo par message.
C’est brutal, j’ai fait comme j’ai pu avec les outils que j’avais à ce moment-là. Ça ne change pas le fait que mes choix ont probablement blessé quelqu’un.
Les deux sont vrais en même temps. Et c’est ça qui est humain.
Puis je m’installe avec Thomas.
Je commence enfin à être alignée avec la personne que je voulais réellement incarner.
Assumer les conséquences de ses choix
La responsabilité est essentielle pour avancer.
Parce qu’elle te redonne du pouvoir.
J’ai fait comme j’ai pu avec les outils que j’avais à l’époque, à l’instant T.
Même s’il existait d’autres possibilités dans le champ des possibles,
j’aurais pu choisir le malaise de la confrontation avec Mattéo,
plutôt que de privilégier mon propre bien être.
Mais je ne l’ai pas fait.
Et aujourd’hui, je l’accepte, j’accepte de vivre avec les conséquences de mon choix.
Je donne de l’amour et de la compassion à cette version de moi.
À cette Samantha qui faisait comme elle pouvait, avec ce qu’elle avait.
Mais ça soulève une vraie question :
Où se situe la limite de l’intégrité ?
Est-ce être aligné avec soi même ?
Ou être loyal, même quand ce n’est plus aligné ?
Je n’ai pas encore de réponse absolue.
J’ai une vision.
Une réflexion.
Mais mon seul cerveau ne suffit pas pour atteindre une vérité universelle.
Et c’est peut être ça, le plus honnête.
Ce que j’en ai compris
Écouter son intuition féminine est nécessaire.
Même si tu es seule. Même si tu n’es pas bien dans ta vie.
Écoute tes « red flags. »
Ils sont là pour te protéger.
Avoir un équilibre intérieur fort est vital.
C’est savoir ce que tu veux.
C’est faire résonner ton équilibre intérieur à l’extérieur.
Pour attirer la personne qui te correspond vraiment.
Si ton équilibre intérieur est fragile, tu iras naturellement chercher à l’extérieur ce qui ne te correspond pas.
C’est exactement ce que j’ai fait : j’étais fragilisée, j’avais perdu des amis, ma famille était dysfonctionnelle.
Alors j’ai cherché vers l’externe… et j’ai fini avec quelqu’un qui ne me correspondait pas.
Se confronter à ses fautes, à ses manquements dans une relation, à son comportement, est nécessaire.
C’est ce qui te permet de mieux te comprendre et de mieux agir ensuite.
Une personne qui trompe ou qui fait une faute n’est pas forcément une mauvaise personne.
C’est quelqu’un de désaligné à l’intérieur et profondément mal.
Une personne qui pense nourrir l’intérieur en allant chercher à l’extérieur. Et bien souvent, ça passe par la tromperie.
À court terme, ces manquements peuvent sembler anodins.
Mais à long terme, esquiver la confrontation à soi même détruit.
Ça détruit ton énergie, ton équilibre, ta capacité à attirer ce qui te correspond.
Beaucoup de gens se retrouvent prisonniers des mêmes schémas, répétant les mêmes erreurs sans comprendre pourquoi. Ils se demandent comment il est possible de tomber, encore et encore, sur le même type de partenaire : celui ou celle qu’ils cherchaient pourtant à fuir à tout prix.
Parce qu’ils refusent de se confronter.
Et ça finit par les enfermer dans des cycles destructeurs.
Vous avez le droit à l’erreur.
Vous avez le droit d’essayer.
C’est parfaitement humain.
Il faut continuer.
Essayer.
Se battre.
Même si on échoue plusieurs fois.
Il ne faut jamais avoir honte d’être simplement un humain.

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